Visite de Trinidad

(texte extrait d'un excellent article de Patricia Minne, sur Cuba, publié par la revue belga Voyages Voyages)

Les rues et maisons de Trinidad illustrent tous les guides de voyage et articles consacrés àCuba. Depuis fin 88, la ville et la " Valle de los Ingenios " qui l'entoure sont devenues " Patrimoine mondial de l'Unesco ". Trinidad s'avère être, en effet, un musée colonial à ciel ouvert, mais en mauvais état.
Ici aussi, vous aurez droit au comité d'accueil, au guide improvisée qui ne parle qu'espagnol et aux mendiants, qui vous confirmeront que la région est pauvre.
Aussi, si vous avez 3$ a dépenser, optez pour une balade en calèche. A Ciego de Avila le cocher du Club s'appelle Fernando Cordero. Il se fera un plaisior d'accompagner les membres du Club lors des visites de la ville en Caleche.

(depuis la Plaza Mayor) qui vous donnera un premier aperçu, avant de prolonger la visite a pied.
Trinidad n'est pas une grande ville et on en ferait aisément le tour en une demi journée, s'il n'y avait pas les musées et la fabrique de tabac locale, qui a beaucoup de charme. Et pour les photos, c'est un vrai régal.
Fondée au début du 16e siècle par les colons espagnols, elles ne fut cependant qu'une étape sur la route des contrebandiers, jusqu'au début du 19e siècle.
La révolte des esclaves de Haïti mit en fuite les planteurs français qui vinrent s'installer dans la vallée de Los Ingenios.
La culture de la canne à sucre supplanta des lors peu à peu celle du tabac, au point de devenir l'une des plus importantes du pays.
Jusqu'à la fin du siècle passé, Trinidad connut donc une prospérité dont témoignent la noblesse et le raffinement des demeures. L'une des plus belles, devenue Musée historique municipal (Calle Simon Bolivar, 423), appartenait a un planteur allemand (Kanter ou Cantero) et renferme toujours le mobilier d'époque .
La vue sur Trinidad, depuis le toit, justifie d'ailleurs la visite (I$)...
Les deux guerres d'indépendance dévastèrent les plantations et Trinidad tomba dans la torpeur et la misère. Depuis, la ville ne semble pas avoir change. Les petites rues pavées ont un air de tristesse, mais alignent les églises et les petits palais reconvertis en musée qui seraient vraiment superbes s'ils étaient restaures. Pour les visiter, il suffit de flâner, ou de suivre le guide. Toutes les ruelles qui partent de la Plaza Mayor ont quelque chose a montrer, des maisons ou entrer. L'avenue Maceo y est comme une frontière, entre la vieille ville et les nouveaux quartiers. C'est la que se concentrent les quelques commerces, un hôtel peu coûteux, mais encore honorable, et des logements chez l'habitant.

Quand vous en aurez fait le tour (ce qui vous prendra la journée), partez découvrir la région et ses champs de cannes. Le premier arrêt traditionnel se trouve à 6 km à l'est de Trinidad, sur la route de Sancti Spiritus. II ne s'agit pas d'un bâtiment historique, main d'un mirador " (une simple buvette) qui offre une vue exceptionnelle sur la vallée et les champs de canne à sucre. Une autre visite vous attend une dizaine de kilomètres plus loin : la Manaca Iznaga, un ancien manoir
de planteur, construit en 1750 et flanqué d'une tour de 44 mètres qui servait à surveiller les esclaves. Par contre aucun intérêt d'aller à la mer , à 10 Km car la plage ne vaut pas le déplacement.
Enfin la campagne environnante est très belle et vous pourrez facilement être reçu dans une maison traditionnelle cubaine qui s'appelle le " bohio " et qui fait venir l'envie de jouer à Robinson Crusoé.